mardi 12 juin 2012

Temporalité des états conscients chez Dennett : une interprétation quantique

Dans "la conscience expliquée" Daniel Denett relate les expériences suivantes : si on montre à un sujet deux points lumineux de couleur différente, légèrement distants l'un de l'autre et s'allumant successivement sur un intervalle de quelques dizaines de millisecondes, le sujet semble voir un seul point se déplaçant et changeant de couleur précisément au milieu des deux points réels. Ce qui est paradoxale dans cette expérience, c'est qu'au moment où le point est censé être, pour le sujet, au milieu de son trajet, le sujet n'a pas encore vu le second point. Or si le second point n'apparait pas, l'illusion du mouvement n'a pas lieu. Le sujet a donc conscience d'un événement qu'il place logiquement dans le temps avant qu'il n'ait pu réellement avoir conscience phénoménale de cet événement.

vendredi 8 juin 2012

Le problème corps-esprit

Le problème corps-esprit n'est pas le problème de ma conscience, qui pour sûr existe telle qu'elle m'est donnée, mais le problème de celle de l'autre. On peut considérer que tant que je n'ai pas résolu le problème corps-esprit, je suis solipsiste.

Mais attention, si l'on inclut la description scientifique dans un monde de signification qui m'appartient (que je m'approprie), qui est "mon monde conscient", pour moi "le monde", la problème de l'autre n'est pas de l'inclure dans ce monde, puisqu'il est lui même par hypothèse un monde de signification qui m'échappe et non une partie de moi même. Le problème corps-esprit est donc mal posé s'il consiste à vouloir enfermer l'autre en moi même.

Mais si on conçoit chaque signification comme un mode d'interaction avec une altérité, chaque élément de mon monde comme une ouverture, la question devient de savoir si je suis à un moment donné en train d'interagir avec un autre monde de signification qui m'échappe au moins en partie et qui pourra toujours me surprendre, ou si je suis en train d'interagir avec un objet qu'il m'est possible de m'approprier intégralement.

Je ne peux distinguer à coup sûr un réel être existant d'une boite dans laquelle quelqu'un aurait placé toute ces significations, un humain d'une machine simulant la communication, qu'à la longue, voyant que la boite s'épuise tandis que le réel être communiquant se renouvelle. Dans un cas, l'objet est un outil, une extension de la conscience. Dans l'autre il est une forme de vie.

La concurrence des états est-elle souhaitable ?

Il est question ces derniers temps de crise européenne et de réduction des dettes publiques des états. Or la crise qui touche les pays du sud de l'Europe serait due, entre autre, à un effet de la concurrence allemande qui baisse les coûts du travail afin de favoriser son activité économique, au détriment de celle des autres pays (et de ses citoyens).

A l'évidence, la conduite de l'union européenne a délibérément mis en place un "marché des états", c'est à dire une concurrence fiscale, par l'adoption d'une monnaie unique sans contrepartie d'harmonisation fiscale ou de mutualisation des dettes et sans possibilité d'utiliser le levier monétaire, et les perdants de cette mise en concurrence en font aujourd'hui les frais. On les prie de rentrer dans le rang, de devenir eux aussi compétitifs. A la clé, une optimisation des services publics, plus efficaces et moins couteux, et bien sûr, le retour de la croissance économique.

On vante généralement les vertus de la compétition dans le domaine économique, qui pousse les entreprises à se dépasser pour mieux servir leurs clients. C'est du même mécanisme qu'on attend une optimisation des services publics. Mais en quelle mesure cet argument est-il réellement valable, et surtout, en quelle mesure est-il transposable aux états ? Y a-t-il un sens, un avantage économique, à mettre les états en concurrence fiscale ? Et si oui, pourquoi seulement les états, et pourquoi ne demande-t-on pas à la Creuse de venir concurrencer l'île de France ?