mercredi 21 décembre 2011

L'entropie est-elle subjective ?

Nous avons vu précédemment que la logique constituait l'idéal d'un monde de vérités « déjà là » prêtes à être dévoilées. Nous avons vu également que l'utilisation du nombre réel permettait de rendre cette façon de voir idéale compatible avec la réalité d'un monde qui n'est jamais épuisé par nos mesures. Je pense qu'une telle façon de voir les choses est illusoire, qu'elle est une négation de la temporalité : la réalité actuelle se dévoile dans l'immanence de l'expérience mais ne lui pré-existe pas. A l'appui de ceci, nous avons remarqué que la physique moderne discrétise les mesures et réintroduit la temporalité de l'expérience par l'utilisation des probabilités et la contextualité des mesures. Le monde n'est donc plus un puis infini d'informations déjà là, mais un renouvellement permanent.

Pour terminer cette série d'articles, je souhaite simplement revenir sur ce qui constitue un lieu commun de la vulgarisation scientifique, à savoir la loi d'augmentation de l'entropie comprise comme « expliquant » la possibilité de l'irréversibilité du temps sur une base de lois temporelles réversibles.

vendredi 16 décembre 2011

The Subjective Interpretation of Quantum Physics

Mon article "The Subjective Interpretation of Quantum Physics" a été publié par le journal neuroquantology. Il est également disponible en téléchargement ici.

Nombres réels et probabilités

Nous avons vu dans le billet précédent que l'incertitude et la temporalité inhérente au réel faisait de la logique booléenne un système idéal, propre à la conceptualisation. Il faut donc voir dans la logique un modèle empirique de la réalité. Ainsi les lois logiques seraient non pas "donnée à l'homme par Dieu" comme le croyait Descartes. Elles nous seraient données par notre expérience de la réalité, et plus précisément notre expérience de la pensée en relation au réel. Elles seraient "ce qui marche" dans le cadre de la pensée.

On sait d'ailleurs qu'il est possible d'envisager différents systèmes logiques. De plus une approche bayesienne nous permet de généraliser la logique en y voyant, justement, un cas limite de la théorie des probabilités pour lequel les probabilités ne prendrait que les valeurs 0 et 1, et cette approche peut être fondée sur la base de quelques postulats intuitifs de nature épistémiques. On peut même imaginer une généralisation supplémentaire avec la logique quantique (pour laquelle les postulats d'associativité et de commutativité ne sont plus valides), et ainsi comprendre la théorie quantique comme, en quelque sorte, une théorie causale des probabilités.

Contrairement à la logique qui n'utilise que les valeurs discrètes "vrai" ou "faux", une telle approche utilise l'ensemble des nombres complexes, et les probabilités y sont finalement exprimées par un nombre réel entre 0 et 1. Il convient donc de s'interroger sur le statut des nombres réels.

dimanche 11 décembre 2011

Dissoudre le paradoxe du menteur dans la temporalité


Le paradoxe du menteur trouve naturellement sa solution dans la temporalité. Comment quelqu’un peut-il affirmer “cette phrase est fausse” alors qu’il ne l’a pas encore terminée? La proposition contient une référence à elle même, alors qu’elle n’existe pas encore. Celui qui se laisse troubler par le paradoxe du menteur pense -- à tort -- qu’une proposition est une chose existant absolument dans un “espace des propositions” atemporel qu’il est tout loisir de référencer, alors qu’une proposition n’existe jamais que quand elle est pensée et qu’elle ne référence jamais que ce qui a déjà été pensé par le passé et n'évoque le futur qu'à titre d'hypothèse. L’acte signifiant s’inscrit dans la temporalité. Dans ce contexte, la proposition du menteur n'est qu'une illusion d'optique, car au fond, elle ne parle de rien de réel.